Comment se porte le covoiturage chez nos voisins européens ?

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Vous n’êtes pas sans savoir que si le covoiturage longue distance est une tendance qui s’installe de plus en plus dans la vie des français, le covoiturage domicile-travail quant à lui se développe plus lentement mais sûrement.

 

Mais qu’en est-il des autres pays d’Europe ?

En Europe, le covoiturage longue distance rencontre un réel engouement depuis quelques années.
Celui-ci se développe sous plusieurs formes dépendantes des pays mais la finalité reste la même : partager son véhicule avec autrui avec comme motivation principale l’avantage financier du covoiturage (les coûts liés à la voiture sont généralement très élevés en Europe, les études évaluent à 5000€/an par personne en moyenne).

Commençons notre tour d’horizon européen du covoiturage par le Royaume-Uni !

Créé en 1997, Liftshare est la société qui a lancé le covoiturage au Royaume-Uni.
A l’origine, cette société proposait du covoiturage de façon très générale à savoir : offrir la possibilité de partager son véhicule avec autrui pour tous types de trajets.
Très vite, le concept a connu un réel succès au Royaume-Uni et Liftshare a reçu de nombreuses récompenses nationales.
Et pour cause, en plus d’avoir été franchement novateur ils ont solutionné de nombreuses problématiques ancrées et quotidiennes.
Partager son véhicule répond à la problématique première du stationnement : dans la région, notamment, de nombreuses entreprises sont excentrées et mal desservies par les transports en commun; de surcroît, elles comptent très peu de places de stationnement (environ 450 places de parking pour 1000 employés par exemple).
Aujourd’hui, 25 ans plus tard, l’entreprise connaît toujours un franc succès et a développé “LiftShare for work”, une filiale dédiée au covoiturage domicile-travail.
“Liftshare for work” compte près de 600 000 membres et travaille avec 700 grandes entreprises comme Land Rover, Bentley ou encore Bupa, une assurance maladie internationale située à Londres.
Le Royaume-Uni semble, alors, avoir complètement adhéré au covoiturage domicile-travail.

Et comment se passe le covoiturage en Allemagne ?

L’Allemagne, grand pays de l’automobile mais aussi de l’écologie, a une forte culture du covoiturage longue distance qui est devenu un moyen de transport aussi commun que les autres. L’offre y est très complète, et en Allemagne les municipalités et collectivités territoriales sont très engagées et de ce fait participent sur l’aspect marketing et financier du service.
Le covoiturage quotidien, quant à lui, en est à ces balbutiements et ne compte que 8000 trajets proposés/jour sur le site national.

Continuons notre tour d’horizon européen avec la Belgique, le plat pays!

Le covoiturage domicile-travail connaît un succès particulier en Flandre et est bien adopté par les flamands, plus de 13% de la population partagent régulièrement leur véhicule pour se rendre au travail.
Seulement, à l’échelle nationale, le covoiturage domicile-travail est très similaire à la France, avec environ 3% de participation pour les déplacements quotidien.
Le leader belge est Carpool, leur section dédiée au domicile-travail compte seulement 160 000 membres inscrits et couvre toute la Belgique.

Pour finir notre tour d’horizon européen du covoiturage, je vous propose de terminer par la Suisse.

La Suisse est assez unique dans l’adoption du covoiturage et plus particulièrement pour les déplacements quotidiens. Pour mieux comprendre, voici un cas pratique :
Dans la région de Zurich, le covoiturage domicile-travail avait fait l’objet d’un essai dans une très grande entreprise (SwissRE, société d’assurance et de réassurance) qui compte plus de 4000 salariés.
Les collaborateurs ont été informés sur la possibilité de partager leur véhicule avec d’autres collègues, sur l’intérêt de l’opération, les modalités de participation ainsi que l’existence d’une application dédiée au covoiturage.
“L’enquête menée à l’issue de cette expérience a révélé que 31% des sondés étaient informés de la possibilité de proposer des offres de covoiturage et/ou d’en profiter.
Seuls 7% des collaborateurs ont téléchargé l’application et à peine 0,3% ont testé au moins une fois le covoiturage.”
Alors, nous venons à nous interroger sur de nombreux points concernant ce cas pratique.
Est-ce que la faible adoption du covoiturage ne viendrait pas du fait que près de 70% des collaborateurs n’étaient pas informés de la solution mise en place ?
Finalement, si 100% des salariés en avaient été informés alors 22,5% d’entre eux soit 900 salariés auraient pu télécharger l’application ce qui est en réalité…. très encourageant !
Toujours proportionnellement, 45 personnes auraient adopté le covoiturage ce qui représenterait une vingtaine de personnes qui abandonneraient leur véhicule soit environ 16 tonnes de GES économisés tous les ans !
Les résultats mitigés de cette expérimentation ne peuvent certainement pas être utilisés comme preuve de concept pour tout le territoire fédérale.

Car de notre côté, nous avons constaté que Genève, notamment, est un territoire qui demande et a besoin de solutions de covoiturage pour les entreprises.
Pour plusieurs raisons : les actifs genevois sont composés de plus de 150 000 travailleurs frontaliers qui de ce fait, habitent souvent assez loin de leur lieu de travail, également il y a une pénurie de places de stationnement, etc..

 

En somme, même si le covoiturage domicile-travail n’est pas encore une habitude ancrée dans le quotidien des européens, c’est tout de même un très bon début.
Seul le Royaume-Uni se démarque, et pour cause !
Le système a été lancé il y a 25 ans, bien en amont que dans les autres pays européens pris pour exemple dans l’article.
L’Allemagne, La Suisse, La Belgique et même la France seront amenés à connaître un destin similaire seulement n’oublions pas que le changement des mentalités prend du temps !
Doucement mais sûrement partager son véhicule pour se rendre au boulot deviendra totalement ordinaire.

 

 

 

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