La pollution liée aux transports routiers : quels risques pour la santé ?

Transports routiers : les effets oubliés
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Lorsqu’on aborde la pollution liée aux transports routiers, il est fréquent d’entendre parler des émissions de CO2 et de leur impact direct sur l’environnement. C’est un raccourci facile au regard de la situation climatique actuelle, il est plus évident d’apprécier les conséquences des émissions de GES sur l’environnement que sur notre santé.

Cependant, les effets des transports routiers sur l’Homme sont tout aussi terribles que sur la planète. Et pour cause, en plus de produire des gaz polluants, les véhicules émettent aussi des particules fines qui ont des conséquences néfastes sur la santé.

D’accord mais les particules fines, qu’est-ce que c’est ?

Les particules fines sont des particules d’un diamètre inférieur à 2,5 microns. À titre de comparaison, c’est 20 fois moins que le diamètre moyen d’un cheveux humain !

De par leur petite taille et leur masse faible, les particules fines restent en suspension dans l’air ambiant et peuvent facilement pénétrer l’organisme. Selon leur degré de concentration et de toxicité, elles peuvent toucher différents organes et provoquer de nombreuses pathologies :
– Affection des yeux, nez, gorge : Irritation, difficultés respiratoires, allergies…
– Cerveau : Mal de tête, anxiété, maladies neuro-dégénératives (comme la maladie d’Alzheimer)…
– Coeur et sang : Accident vasculaire cérébral, troubles cardiaques, hypertension, augmentation de la coagulation, formation de caillot…
– Système reproducteur : troubles de la fertilité, fausse couche…

Comme si cela ne suffisait pas, les particules fines sont aussi capables de traverser la barrière placentaire. Cela signifie, en d’autres termes, qu’il y a un risque d’exposition du fœtus pour la femme enceinte. Les conséquences peuvent être désastreuses :
– Naissance prématurée, petit poids de naissance, retard de croissance du fœtus, impact sur le développement intellectuel…

En bref, une exposition aux particules fines à long terme est dangereuse pour la santé :
En France, la pollution de l’air extérieur, auquel le transport routier contribue fortement, est à l’origine de 100 000 décès prématurés chaque année.

Quand y’en a plus y’en a encore…

La liste des effets néfastes sur la santé, causés par les transports routiers, ne s’arrête pas là.
En effet, ceux-ci ne polluent pas uniquement l’air. Les véhicules génèrent aussi de la pollution sonore : 80% des bruits émis dans l’environnement proviennent des transports.

Pour information, on parle de pollution sonore lorsque l’exposition prolongée à des nuisances sonores (générées par les activités humaines) finissent par affecter la santé et l’environnement. Le bruit provoque alors un stress et une gêne qui, sur le long terme, perturbent l’organisme.

Les effets de la pollution sonore sur l’Homme sont nombreux :
Irritabilité, acouphènes, troubles du sommeil, dépression, effets négatifs sur le système cardiovasculaire et sur le métabolisme, troubles cognitifs chez les enfants…

Les problèmes de santé liés à la pollution sonore des transports routiers sont tout aussi importants que ceux liés à la pollution de l’air. En France, 25 millions de personnes sont particulièrement affectées, dont 9 millions exposées à des niveaux critiques pour leur santé.

En plus de cela, le bruit des transports pèse pour plus d’un tiers dans le coût social des pollutions sonores chaque année en France : 20,6 milliards d’euros sur 57 milliards d’euros ! Sur ces 20,6 milliards d’euros, 11,5 milliards d’euros correspondent aux frais de santé liés au bruit des transports routiers (les 9,1 milliards restants correspondent à la perte de la valeur immobilière, de productivité et aux troubles de l’apprentissage).

Mais alors, quelles solutions s’offrent à nous ?

Les coûts financiers et humains sont affolants, et comme pour le réchauffement climatique, tout ce que l’on peut faire, ce sont de petites actions à notre échelle !

Le problème venant en grande partie du nombre trop important de véhicules sur les routes, la priorité est au désengorgement du trafic. Moins de voitures, c’est moins de pollution atmosphérique et sonore !

Pour ce faire, il faut utiliser des moyens de transport alternatifs à l’autosolisme : transports en commun, marche, vélo, covoiturage, etc.

Alors oui, on vous l’accorde, le covoiturage peut aussi vous polluer les oreilles si vous avez des collègues bavards, mais c’est bien plus sympa de faire le trajet à plusieurs tout en faisant un geste pour la planète, que de subir les autres types de pollution et leurs conséquences 😉

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